ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

samedi 12 août 2017

Un Druze syrien à la tête du Venezuela ?



UN DRUZE SYRIEN À LA TÊTE DU VENEZUELA ?
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
            
Tarek El Aissami

          L’information n’est pas une plaisanterie, elle est sérieuse. Tarek El Aissami serait celui qui pourrait résoudre la crise au Venezuela en étant le prochain président. La nouvelle nous vient de Londres. Il pourrait redonner du lustre à un pays qui regorge de réserves pétrolières mais qui subit une crise économique et politique dont on peut difficilement prévoir les conséquences.




            Le Venezuela a connu une période faste jusqu’en 1999 sous des directions centristes ou de droite. Mais l’arrivée de Hugo Chavez a changé la donne parce qu’il a voulu instituer un «nouveau socialisme du XXIème siècle» avec les conséquences dramatiques qui sont visibles aujourd’hui. Il a tout échoué. 
       Tarek El Aissami, né le 12 novembre 1974, est un juriste, criminologue et homme d'État vénézuélien, deuxième des cinq enfants d'une famille d'origine syro-libanaise. Son père, Zaydan El Amin El Aissami, alias Carlos Zaydan, est un immigrant venu du djebel Druze en Syrie. Tarek a été élu député de l'Assemblée nationale en 2006, avant d'être sous-ministre de la Sécurité publique et de la prévention de 2007 à 2008, puis ministre de l'Intérieur et de la Justice jusqu'en 2012. Le 4 janvier 2017, il a été nommé vice-président de la République par Nicolas Maduro, à un poste qui lui donne la légitimité de remplacer le chef de l'État.

            El Aissami est un personnage sulfureux, pas très «blanc», qui a fait l'objet de sanctions économiques de la part du gouvernement des États-Unis, suite à des accusations sur sa complaisance présumée dans le transport de cocaïne. Il aurait usé de son pouvoir politique pour permettre le trafic de cocaïne entre la Colombie, le Venezuela, le Mexique et les États-Unis, en relation avec des cartels mexicains et des trafiquants colombiens. Bien sûr le gouvernement vénézuélien conteste ces accusations.
            Par ailleurs il avait été impliqué dans une affaire de faux passeports vénézuéliens révélée en février 2017 par CNN. L'ambassade vénézuélienne en Irak aurait distribué, en échange de fortes sommes d’argent, de faux passeports vénézuéliens à des citoyens syriens, dont une partie seraient des combattants du Hezbollah irakien. Les passeports octroyés permettaient d'entrer sans visa aux États-Unis et dans l'Espace Schengen. Le FBI avait désigné Tarek El Aissami, alors ministre de l'Intérieur et responsable des services d'immigration, comme le donneur d'ordre.

            La crise actuelle pousse les dirigeants vénézuéliens à se tourner vers Tarek El Aissami, décrit comme l'homme fort dans l'ombre. Maduro ne semble pas pouvoir bénéficier de la réécriture de la Constitution, faite sur mesure pour affaiblir le parlement contrôlé par l’opposition car les perspectives économiques du Venezuela sont dramatiques avec une pénurie majeure de nourriture et de médicaments. Les négociations avec l'opposition sont dans l’impasse face au nombre croissant de morts au cours des manifestations. La nouvelle assemblée constituante est contestée par l'opposition et une grande partie de la communauté internationale.
            La seule solution résiderait donc dans un véritable processus de négociation qui déboucherait sur un gouvernement de transition avec des changements du système de gouvernance. Mais aucun changement ne saurait intervenir sans l’aval de l’armée sachant que, Chavez étant officier de l’armée, de nombreux anciens militaires ont investi l’administration et les hauts postes gouvernementaux. Aissami ne figure pas parmi les diplômés de «l’école Chavez». 
          En revanche ses états de service politiques sont éloquents. Commandant du conseil de défense et de sécurité du Venezuela, il dirige de fait la défense nationale et la stratégie de maintien de la sécurité intérieure. Il est deuxième homme dans la pyramide du pouvoir. Mais il est freiné dans son ascension par les accusations de blanchiment d'argent, de corruption et de soutien au terrorisme qui le mettent sur le viseur des Américains.

            Aissami peut se targuer d’avoir beaucoup d’expérience politique, dès son jeune âge. Militant de longue date, il faisait partie de la section locale du parti socialiste arabe Baath et, à ce titre, il avait soutenu Chavez lors de son échec de coup d’État de février 1992. Il peut se prévaloir d’un lien de parenté avec Schibli Aissami, conseiller du commandement populaire de la branche irakienne du parti Baath. La famille Aissami provient à l'origine de la ville d'Amtan dans le district sud de la Syrie de Sweida et de la ville d'Hasbaya dans le sud-est du Liban. Aissam est le nom d'un petit village situé sur les contreforts orientaux de Jabal al-Sheikh (mont Hermon) dans l'ouest de la Syrie.
Adan Chavez

            El Aissami est un pur et dur de la gauche. Durant ses études, il avait rencontré Adan Chavez, frère d’Hugo Chavez avec qui il milita dans les groupes d’étudiants de gauche, inspirateurs des mouvements révolutionnaires. Il fut nommé chef de l’union étudiante Utopia. Son ascension politique a été lancée après les succès de Chavez en 1999 et en 2013. Malgré la mort de Chavez et l’arrivée de Maduro en 2013, il est resté un personnage clé dans la vie politique, certainement parce qu’il est le véritable chef de la sécurité nationale et de la défense. Malgré cela, il reste accusé par les Occidentaux de diriger une organisation criminelle majeure au service du gouvernement vénézuélien.
            Le Venezuela, le pays le plus riche d’Amérique latine, n’a pas de chance. Il est passé d’un dictateur antisémite aux inspirations populistes, Hugo Havez, à un fossoyeur de l’économie, Nicolas Maduro. À présent il pourrait, peut-être, tomber sous la coupe d’un spécialiste suspecté de trafic de drogue et de terrorisme, qui plus est, druze syrien.


4 commentaires:

Hamdellah ABRAZ a dit…

La malédiction touchant des pays à pétrole gérés par des nationalo-chauvins caracolant avec le fascisme et s'abreuvant de gauchisme !!! De la dictature, du despotisme, de la mal-gouvernance des pétro-dollars lors de la période des vaches grasses, caractérisée par un populisme de fuite en avant, jouant un rôle de soporifique... Résultat en cas de période de vaches maigres, c'est la catastrophe générale !!!

denis sabrié a dit…

et bien, ça donne pas envie de connaitre le successeur...il a l'air aussi dangereux que ses prédécesseurs ...de l'autre coté...les requins de la finance...bref, le Venezuela n'est pas "sortie de l'auberge"...

Anonyme a dit…

Le constat VÉNÉZUELIEN étant ce qu'il est.
Comment un simple changement de dirigeant pourrait il débloquer la crise économique du pays?
A moins que celle soit orchestrée depuis l'extérieur...

Anonyme a dit…

On a les dirigeants qu'on mérite et l'Amérique du sud est coutumière de penchants nationaux socialistes.