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dimanche 27 septembre 2015

Radio KOL-ISRAËL RÉTROSPECTIVE DE L’ANNÉE 5775



Radio KOL-ISRAËL

RÉTROSPECTIVE DE L’ANNÉE 5775

Jacques BENILLOUCHE
au micro de
Annie GABBAÏ



Nous sommes entrés, les 14 et 15 septembre 2015, dans l’année 5776 au lendemain de la fête de Rosh Hachana, le nouvel an juif. Durant l’année écoulée, Israël a connu de nombreux faits marquants tant sur le plan intérieur qu’international : la guerre de Gaza, les élections anticipées, l'attentat de l'hyper Cacher de Paris et enfin l'accord sur le nucléaire iranien avec les pays P5+1 .

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Guerre de Gaza

D’abord la controverse sur la Guerre de Gaza d’août 2014. L’an dernier les fêtes avaient suivi l’opération «bordure de protection», qui avait duré 50 jours, et qui s’était soldée par un cessez-le-feu signé le 26 août 2014. Le débat avait été ouvert sur la conduite de cette guerre. Certains généraux auraient voulu mettre les gros moyens dès le départ pour éradiquer les leaders du Hamas et limiter les pertes humaines à savoir 70 soldats morts israéliens et 2.140 victimes palestiniennes. D’autres ont estimé qu’il fallait ménager l’avenir pour de négociations futures. En effet on ne peut négocier qu’avec ses ennemis. Il semble que la stratégie utilisée a été payante. La modération relative a permis de garder d’excellentes relations avec l’Égypte et avec l’Arabie qui n’auraient pas admis qu’on écrase le Hamas. Le président Al-Sissi a pris des mesures radicales contre le Hamas en fermant les frontières et en détruisant la totalité des tunnels de contrebande. Cela n’a pas empêché le Hamas de chanter victoire pour l’unique raison que ses dirigeants sont toujours en vie et ont gardé le contrôle de la bande.  Les conséquences de la guerre sont claires à établir aujourd’hui. Les énormes destructions à Gaza ont fait réfléchir le Hamas qui a compris qu’il ne pourra jamais vaincre Israël et qu’il a besoin de l’aide internationale. Alors il est contraint d’accepter tous les compromis dans le cadre d’une retraite politique qu’il estime tactique. Des rumeurs persistantes font état de négociations secrètes pour un cessez-le-feu de longue durée.

Kahlon l’étoile montante du Likoud

Sur le plan politique, cette année a vu émerger un nouveau leader Moshe Kahlon qui a été l’un des hommes politiques israéliens les plus en vue. Il était entré à la Knesset pour la première fois en 2003. Député du Likoud, il a détenu les portefeuilles ministériels des Communications, de la Santé et des Affaires sociales. Mais alors qu’il avait été élu en troisième position  durant les primaires du Likoud de 2013, il avait annoncé à la grande surprise  des dirigeants de son parti, trois mois avant les élections anticipées, qu’il avait décidé d’une pause politique en ne se présentant pas aux élections du 22 janvier 2013. Il était en conflit direct avec Netanyahou. Moshé Kahlon était la pointure qui aurait pu empêcher la droitisation extrême du Likoud et il l’avait critiqué pour avoir abandonné le parti aux nationalistes. D’ailleurs il avait été le seul ministre du Likoud à voter contre les coupes budgétaires parce qu’il estimait qu’elles touchaient particulièrement les classes défavorisées.

Élections 2015

L’impossibilité de trouver un accord sur le budget 2015 et la guérilla menée par le ministre des finances centriste Yaïr Lapid  ont poussé le premier ministre à décider d’élections anticipées fixées aux 17 mars 2015. Elles ont été l’occasion d’une hécatombe qui a touché des grandes figures politiques de premier plan qui ont quitté la politique.
Yaïr SHAMIR, ancien n°2 d’Israel Beiteinou
Faïna KIRSHENBAUM, 4ème de la liste Israël Beiteinou députée et vice-ministre de l’intérieur a décidé de démissionner de son poste et de quitter la politique après son inculpation pour corruption
Itzhak AHARONOVITZ, ministre de la Sécurité intérieure, a décidé de se retirer de la vie politique
Moshe FEIGLIN, déçu de ne pas avoir été désigné par les militants à une place éligible alors qu’il était vice-président sortant de la Knesset, a annoncé son départ du Likoud. Le Likoud a désavoué en fait la politique d’extrême-droite prônée par ce vice-président sortant de la Knesset.
Avraham BURG, ancien président de la Knesset de 1999 à 2003, a décidé de rejoindre le parti Hadash créé en 1977 et incluant à l’époque des membres contestataires séfarades des Black Panters et des anciens du parti communiste.
Nitzan HOROWITZ, député Meretz, a annoncé qu'il ne sera pas candidat à la Knesset lors des prochaines élections
Uzi LANDAU, ministre du Tourisme, ne se présentera pas lors des prochaines élections.
Meïr CHETRIT du parti Hatnoua a décidé de quitter la vie politique.
Amram MITZNA du parti Hatnoua quitte la vie politique

Hyper Cacher Vincennes

La prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris perpétrée le 9 janvier 2015 a mis en évidence le risque latent d’attaques terroristes islamistes et antisémites en France. Au lendemain de l’assassinat des quatre juifs dans le supermarché  cacher de Vincennes, la douleur s’est estompée et la politique en Israël a repris ses priorités. Les Juifs français ont été, malgré eux, les enjeux des élections israéliennes anticipées du 17 mars 2015. Ils ont fait l’objet d’une manœuvre de récupération de la part des politiques israéliens qui se sont précipités à tour de rôle à Paris pour s’intéresser aux Juifs français, par opportunisme. Et puis la politique a repris ses droits avec l’élection du 17 mars.

Élections de mars 2015

En Israël l’augmentation du coût de la vie et des logements, les risques sécuritaires et l’erreur de casting d’Isaac Herzog ont orienté les électeurs vers Benjamin Netanyahou. Là est le paradoxe puisque les citoyens ont voté à droite parce que la politique de gauche n’était pas suffisamment affirmée.  Les sionistes religieux de Naftali Bennett se sont effondrés tandis que le parti d’extrême-droite Yahad incluant des anciens Kahanistes n’a pas obtenu le minimum de voix pour entrer à la Knesset. C’est en quelque sort une satisfaction, celle de voir les partis dits républicains réussir. Israël a connu la déception de sondages erronés qui  laissaient miroiter le retour des Travaillistes au pouvoir après vingt années de gouvernement de droite. La gauche israélienne a connu son revers politique parce qu’elle s’est trop attachée au dogme et à la pensée magique. Elle n’a pas compris que les questions de sécurité étaient fondamentalement au cœur de la préoccupation israélienne et de ce fait, elle n’a inscrit sur sa liste aucun général en place éligible qui aurait pu donner une certaine crédibilité sécuritaire au parti. La gauche n’a pas su convaincre lorsqu’elle parlait de paix et de prospérité puisqu’elle a laissé croire qu’elle voulait le démantèlement de toutes les implantations si c’était la condition pour faire la paix. En fait la gauche est à la recherche d’un leader charismatique qui sortira des sentiers battus, qui insufflera des idées nouvelles loin du dogme socialiste de l’après-guerre, qui renouvellera la classe politique et qui aura un programme ambitieux et pragmatique pour redonner espoir aux classes moyennes et défavorisées.

IRAN ACCORD

            Cette rétrospective a été marquée par l’accord sur le nucléaire signé par les puissances 5+1 avec l’Iran. Benjamin Netanyahou s’était déplacé à Washington en mars pour sensibiliser les sénateurs américains du danger de cette signature mais il n’a pas été entendu. Cela tient au fait que les Américains sont très respectueux de la démocratie et qu’il n’est pas question pour eux de bloquer les institutions en s’opposant au président qui pouvait de toute façon user de l’arme du veto.  
            Selon les différents bords politiques, les avis divergent sur la qualification de l’accord. Certains le trouvent moins pire que prévu. Cet accord est a minima pour les Israéliens. Israël s’oppose donc radicalement aux clauses de ce qui, selon lui, va mener à une «crise majeure». L’Arabie saoudite s’inquiète de tout traité signé avec le régime des mollahs. Les Iraniens estiment que l’accord va dans le sens de leurs intérêts. Pour cela deux clauses prévoient d’une part la réduction des centrifugeuses d’ancienne génération de 19.000 à 6.000 et l’interdiction de l’installation de nouvelles centrifugeuses d’un modèle plus évolué durant au moins dix ans. L’usine de Fordow, enfouie sous la montagne et inaccessible par l’aviation, cessera tout enrichissement et sera transformée en centre de recherche civil. L’usine aura l’interdiction de produire toute matière fissile durant quinze années tandis que parallèlement l’Iran diminuera son stock d’uranium enrichi de 10.000 à 300 kg durant cette même période. Il est prévu que la Russie reçoive ce stock pour retraitement. Les usines à plutonium sont aussi concernées par cet accord. Le réacteur à eau lourde d’Arak sera modifié et son noyau d’origine sera détruit pour ne plus produire de plutonium pendant 15 ans. L’Iran s’engage par ailleurs à ne pas construire de réacteur à eau lourde durant cette période.

Classement exportateur d’armes


            Et pour terminer, je voudrais revenir sur un fait peu relevé par les médias. Le classement d’Israël dans les exportations d’armes dans le monde. En 2009, la guerre commerciale faisait rage entre Paris et Jérusalem qui se disputaient la quatrième place mondiale des exportateurs d'armes. La France avait perdu en 2006 sa place de troisième au profit de la Russie et s’accrochait à sa quatrième place. La quatrième place était convoitée par Israël qui talonnait la France. Mais le classement 2014 des dix premiers pays exportateurs d’armement est une grande déception car Israël a été relégué à la dixième place avec 2% du marché mondial et 5,66 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Israël a pu maintenir cette place honorable grâce à l’augmentation de 40% de ses ventes vers l’Afrique alors que ses ventes globales ont baissé de près d’un milliard de dollars. En fait, ses exportations ont beaucoup souffert de l’arrêt des ventes à la Turquie qui était son plus gros client.

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